Comment intégrer un master japonais ?

Maintenant que vous avez décidé dans quelle université japonaise vous souhaitez étudier pour obtenir cette licence d’enseignement, il va falloir passer les examens d’entrée de cette fac. Et je vous conseille d’essayer d’intégrer plutôt un master.

 

– Pourquoi entrer en master plutôt qu’en première année ? –

 

Alors, « Entrer en première année et faire seulement la licence de base ou entrer en master et faire la licence de base en même temps que la licence spécialisée ? » Telle est la question. Petits éléments de réponse : avoir une licence spécialisée plutôt que la seule licence de base, c’est mieux. Vous connaissez le phénomène de masterisation des études françaises ? Eh bien les études japonaises, en particulier pour les enseignants, c’est la même chose. Le gouvernement souhaite que le nouveau niveau de base soit la licence spécialisée. Alors autant l’acquérir dès le départ. D’autant que ça vous donnera un avantage lors du recrutement vu que les autres candidats auront souvent seulement une licence de base.

 

De plus, entrer directement en master et pas en première année offre d’autres avantages : premièrement, si vous faite la licence spécialisée et de base en même temps vous économiserez plusieurs années d’études, donc du temps et de l’argent (sauf si vous êtes riches et que vous pouvez voua permettre de débourser 6 années d’études) mais il y a aussi un autre avantage, et pas des moindres : entrer en fac japonaise en première année vous oblige à passer des examens qui ne sont pas de votre spécialité, alors qu’entrer directement en master vous permet de ne passer des examens qu’ayant un rapport avec votre spécialité. En un mot, c’est plus facile d’intégrer la fac japonaise au niveau master qu’au niveau licence.

 

– Prenez contact en avance –

 

Une fois que vous avez décidé quelle fac et quel master vous souhaitez intégrer, il va falloir en passer les examens d’entrée. Et non, on ne fonce pas tout de suite chercher les annales au bureau des examens de la fac. Et non on ne s’inscrit pas comme ça et on se pointe la bouche en cœur aux examens. Enfin, si, vous pouvez le faire. Mais je ne pense pas que ce soit mettre toutes vos chances de votre côté, car les Japonais sont des chats. Je m’explique. Les Français sont des chiens. Et quand deux chiens se rencontrent, ils se reniflent mutuellement l’arrière train et on devine s’ils vont être potes forever ou si ça va tourner au vinaigre. Et eux-mêmes le font savoir immédiatement à l’autre. Allez essayer de renifler le cul d’un chat à la première rencontre, et il va vous mettre un neko punch en travers de la face, vous allez bien le sentir passer. Et ça sera fini, il va vous prendre en grippe. Les Français sont des chiens et les Japonais sont des chats. Et les chats il leur faut généralement un temps d’acclimatation. Ils doivent s’habituer à vous avant de vous accepter. C’est un peu le même principe pour entrer en fac japonaise au niveau master. Surtout que dans votre cas, il ne s’agit pas d’intégrer un master normal (ça les Japonais y sont habitués), mais d’intégrer un master en sciences de l’éducation pour obtenir une licence d’enseignement. C’est inconnu pour eux. Ils ne sauront peut-être même pas si c’est autorisé par les textes (ça a été le cas pour moi).

 

Donc on ne met pas la charrue avant les bœufs et on contact gentiment un responsable du master en question pour se présenter et expliquer son projet. Et quand on va au rendez-vous, on s’habille correctement et on montre qu’on est sérieux, bien élevé et grave motivé. Il faut le prendre comme un entretien de recrutement, même si ça a l’air d’être une simple rencontre informelle. Ne vous faites pas d’illusion, votre évaluation pour l’entrée en master vient de commencer là. Si vous êtes dans l’incapacité de vous rendre au Japon pour un entretien, vous avez toujours la possibilité de le faire par Skype, mais je pense que vous serez désavantagé (les Japonais sont des chats bis repetita). Par contre, si vous avez la possibilité de vous rendre au Japon, faites le : ça montrera votre détermination et votre sérieux quant à votre projet. Votre futur tuteur de mémoire n’est pas encore décidé (vous n’êtes même pas inscrit pour les examens d’entrée !), mais il est probable que Neko Shogun (le big boss de la section de master que vous avez contacté) a déjà des projets pour vous. Il veut surtout vous tester : êtes-vous quelqu’un de sérieux, vraiment motivé et qui ne se laissera pas découragé par les premières difficultés rencontrées ? Etes-vous quelqu’un capable de s’adapter à ce nouvel environnement et à ses règles ? Neko Shogun va alors se réunir avec les autres Neko Daimyou de la section du master que vous visez pour parler un peu de votre cas. Et il est probable que Neko Shogun et les autres Neko Daimyou vont décider de vous inviter à tout un tas d’évènements auxquels les autres étudiants de master ou de licence participent pour voir comment vous vous comportez. Ne refusez pas sous prétexte que vous êtes en vacances et que vous avez prévu d’aller visiter quelques temples, ce serait très mal vu car cela montrerait que vous n’êtes pas sérieux et pas vraiment motivé.

 

Donc si on vous propose une visite d’école à Perpètes-les-oies pour une journée entière, vous dites oui. Si on vous invite à une conférence à la con en sciences de l’éduc un samedi toute la journée (6h sur une chaise, vous en trépignez d’excitation d’avance !) vous dites oui. Si on vous demande d’écrire un rapport à la suite de cette fameuse conférence, vous le faites. C’est quelque chose qu’on ne dit pas à voix haute, mais il faut regarder les choses en face : on est aussi en train de tester votre docilité, votre capacité à rentrer dans le moule. Et plus les big boss sont vieux et avec une façon de penser arriérée, plus vous devrez faire illusion de rentrer dans le moule. Mettez-vous à la place de Neko Shogun ! Neko Shogun et les autres Neko Daimyou n’ont pas envie d’inviter un loup fou qui n’en fera qu’à sa tête dans leur bergerie de petits moutons. Eh, vous voulez entrer dans ce master, non ? Mais comme vous allez bien jouer le jeu gentiment, vous montrer sous votre meilleur jour, il est fort probable que Neko Shogun et les autres Neko Daimyou finissent par vous apprécier. Et là, vous avez déjà un pied dans le master (pour peu que vous ne soyez pas nul académiquement, hein ! Faut pas rêver non plus.)

 

– Préparer les examens d’entrée –

 

Une fois que Neko Shogun et les Neko Daimyou se sont habitués à vous, vous pouvez maintenant vous concentrer pleinement sur les annales. (En fait, vous avez commencé bien avant, en même temps que vous courtisiez les chats, bien évidemment) Entrainez-vous à répondre sans utiliser le dictionnaire pour chercher des kanji car, j’imagine que vous vous en doutez, vous n’aurez pas de dico le jour de l’examen. Analysez le type de problème et le type de réponse attendue. Si vous manquez de temps, utilisez le principe de Pareto pour parer au plus urgent : repérez les types d’exercices qui reviennent tout le temps et ceux qui rapportent le plus de points et concentrez-vous dessus. Il ne s’agit pas de bachoter bêtement, il s’agit de repérer ce qui est attendu de vous. Apres, c’est de la bête mémorisation, y’a pas de quoi écrire un article de 40 liges dessus. On passe à la suite !

 

– Le jour de l’examen –

 

Ah, le jour de l’examen… Non, on ne vient pas en snickers. Et non, on ne vient pas en jeans. Il va falloir vous habituer au costard cravate/tailleur car vous allez très souvent en avoir besoin durant vos années d’études. Même en été à près de 38 degrés, oui.

 

Ceci étant dit, on passe à l’examen. Si vous visez une fac de préfecture rurale, y’a pas à tortiller, il faut admettre que le niveau demandé est tout à fait accessible, même pour un gaijin à moitié illettré. Car, tout gaijin à moitié illettré que vous êtes, vous allez avoir l’occasion de briller. Les Japonais ont en effet tendance à répondre juste à la question posée, de façon purement factuelle. Ils ont parfaitement mémorisé les réponses mais il leur manque quelque chose pour se démarquer : la capacité à mettre en relation les savoirs acquis, à apporter quelque chose d’original à leur réponse. Vous êtes un gaijin à moitié illettré, mais vous avez une grande chance, vous êtes passé par l’école française. Vous avez normalement eu des professeurs assez exigeants, qui vous ont collé des sales notes, mais qui ont toujours attendu de vous beaucoup et on toujours cherché à vous faire réfléchir. Ils vous ont demandé toujours plus et de ne pas vous contenter du simple cours. En tout cas, moi ça a été mon cas. Et ça m’a énormément servi lors de mon examen. Au lieu de me contenter de simplement mémoriser les questions, j’avais préparé chaque thème de l’examen en lisant des recherches, retenu quelques noms et surtout, j’ai eu la chance de tomber sur l’analyse (syntaxe, grammaire, lexique) de l’évolution des lettres de correspondance écrites par une sourde-muette-aveugle, Helen Keller. Comme je ne passe pas seulement mon temps à m’amuser à mes jeux vidéo ou à regarder des anime mais que j’essaie de m’ouvrir un peu l’horizon aussi, je m’étais intéressée à la langue des signes japonaise (qui est utilisée pour les chansons à l’école maternelle japonaise, au passage), j’ai pu donc faire le rapprochement entre la question d’examen et d’autres savoirs, parler de la structure des langues des signes américaine que je connaissais vaguement et japonaise, ce qui a fait mouche. Ca a tellement fait mouche qu’ils m’en ont encore reparlé à l’entretien oral pour savoir comment je pouvais connaitre le sujet. Vous, gaijin à moitié illettré, avez des points faibles. Mais vous avez aussi la possibilité de les compenser en brillant sur des aspects où les étudiants Japonais pèchent. Il faut miser dessus.

 

Conclusion de l’affaire : cultivez-vous !!! Lisez beaucoup !! Sur plein de sujets !!

 

– L’entretien oral –

 

Dans ces fameux examens d’entrée, il y a aussi un examen oral en plus de l’écrit (mais ça varie selon les facs, à vous de vous renseigner). C’est comme un entretien de recrutement pour un job, sauf que c’est pour une place en master. Vous allez donc vous retrouver devant une brochette de Neko Daimyou, avec Neko Shogun probablement trônant au centre, et vous tremblant sur une chaise en face d’eux. Les Neko Daimyou peuvent arborer un regard de yakuza, et ne pas prendre la peine de se mettre en 4 pour vous mettre à l’aise. Ou vous pouvez aussi tomber sur des Neko Daimyou sympa qui essaient de vous mettre à l’aise le plus possible. Dans tous les cas, préparez-vous à tout car vous ne savez pas sur quoi vous allez tomber.

 

Le contenu de ces examens oraux variant d’un master à un autre et d’une fac à l’autre, il n’y a donc pas de certitude en la matière, mais vous pouvez vous attendre à des questions sur votre parcours, le pourquoi de votre désir d’enseigner au Japon et pas en France, votre connaissance du système scolaire japonais, votre connaissance des faits d’actualités liés à l’enseignement (ou sur l’actualité générale) au Japon, votre projet de travail et de recherche etc.

 

Mon conseil : répondre le plus honnêtement possible tout en donnant les réponses qu’ils attendant et qui les brossent dans le sens du poil. Par exemple, ce n’est pas “je souhaite enseigner au Japon car je veux vivre au Japon”, mais “je me destinais déjà a l’enseignement, mais j’hésitais entre la France et le Japon car je suis particulièrement attiré par la culture de ce pays. J’ai lu beaucoup de recherches sur l’enseignement et l’éducation au Japon et j’ai découvert le principe de Ikiru Chikara au cours de mes lectures. Cela correspondait vraiment à ma façon de concevoir l’enseignement. J’ai donc choisi de me former pour tenter d’exercer au Japon”.

 

En gros, c’est mentir comme un arracheur de dents tout en présentant les choses de façon à ce que ça soit plausible. Et non vérifiable. Surtout non vérifiable. Prenez garde aussi à ce que ça soit cohérent avec ce que vous avez pu dire au cours des différentes occasions où vous avez fréquenté les chats auparavant (vous vous en souvenez n’est-ce pas ?).Vous inquiétez pas pour la morale. Autant adeptes de la morale qu’ils sont, j’ai jamais vu les Japonais autant mentir qu’en entretien de recrutement, que ce soit pour un travail ou pour des examens d’entrée dans un établissement scolaire. Si vous ne savez pas quels types de réponses apporter, il y a des livres pour ça dans le commerce. Mais là encore, ne vous contentez pas des simples réponses du livre : visez l’originalité dans la conformité ! La French touch ! Vous, gaijin, n’avez pas à vous conformer autant qu’un Japonais standard, profitez-en. Il faut simplement que votre dose d’originalité, bien que non conforme, vous apporte une plus-value. Par exemple, vous n’hésitez pas à contredire l’avis général, mais vous le faites en apportant des arguments solides qui débouchent sur une autre perspective du problème. Vous en avez dans le crâne (comprendre : vous savez analyser le monde qui vous entoure, émettre un avis argumenté, mettre en relations des savoirs etc.) et vous avez l’occasion de le montrer (de façon humble, cela va sans dire). En vous recrutant pour ce master, ils ne cherchent pas un autre mouton, ils en ont plein déjà. Ils cherchent un chien de berger intelligent qui va guider et servir de modèle aux autres moutons, de par son attitude, son comportement, sa façon de penser. Ne vous transformez pas en mouton, ce serait une erreur. Un chien de berger suffisamment docile fera affaire. Prenez-le comme un jeu de rôle. C’est sympa les jeux de rôles, non ?

 

Neko Shogun et ses Daimyou considèrent (mais ne l’avoueront probablement jamais) qu’ils ont des étudiants qui n’ont généralement aucune curiosité, se contentent du minimum lors des examens et ont une capacité de réflexion qui laisse à désirer, en particulier dans les universités de province (attendez-vous sûrement à une autre trempe d’étudiant si vous visez de brillantes universités, quoique j’avoue ne pas avoir d’informations sur ce point). Rentrez dans leurs têtes. Essayez d’imaginer leur étudiant de master idéal et incarnez cet étudiant.

 

Et passez l’examen d’entrée avec succès !

 

Ainsi s’achève ce long article sur la façon d’intégrer un master au Japon. Mes conseils sont tirés de mon expérience et de mes lectures et ne représentent donc pas l’alpha et l’oméga du guide d’entrée dans un master au japon. D’autres personnes ayant intégré un master japonais, pour de la recherche ou bien en commerce auront probablement d’autres conseils à donner. Si ces personnes existent et qu’elles me lisent, n’hésitez pas à laisser un commentaire, que l’on puisse comparer. Ca m’intéresse !

 

 

8 comments

  • Trenien

    Ah, le délicat équilibre entre tirer partie de sa singularité d’étranger et ne pas tant sortir de l’ornière qu’on en vient à déranger…

    Crucial !

    Un ami a fini par quitter le japon après près de 10 ans simplement parce qu’il fut trop dans la notion de tout faire “à la japonaise”. La pression permanente et les réactions sur toutes les petites erreurs (inévitable, n’ayant pas grandi dans la culture) ont finies par avoir raison de son amour pour le pays. Les personnes dans son entourage attendaient tout simplement qu’ils soient un japonais.

    • nemuyoake

      Oui, c’est difficile de trouver son équilibre, notamment lorsqu’on est pas préparé psychologiquement à ce genre de choses. Certains Japonais veulent qu’on soit comme eux (ce qui est pas faux : à Rome, fais comme les Romains) mais ne comprennent pas qu’on ne peut pas avoir le joushiki approprié car on a pas été élevé dans la culture.

  • Orube

    Merci beaucoup pour toutes ces informations et pour ce blog. Je l’ai lu attentivement et je dois bien dire qu’il m’a redonné la foi pour tenter de m’expatrier et d’exercer au Japon comme professeur d’anglais.
    J’aurais une question par rapport à l’argent (le nerf de la guerre mouahahah): pour l’instant, je travaille comme prof titulaire et le temps d’atteindre un niveau de japonais satisfaisant pour suivre dans une fac (je vise le N1 impérativement avant mon départ), je mets de l’argent de côté notamment pour ces frais de scolarité exorbitants d’un point de vue français. Cependant, je souhaitais te demander car je pense qu’il faut l’avoir déjà fait pour donner une réponse cohérente : à ton avis, quel est le minimum à avoir de côté avant de partir si on table sur 3 ans d’études? D’ailleurs, y a-t-il un minimum légal à avoir sur son compte pour être en règle avec le bureau de l’immigration? Je peux compter sur ma famille en cas d’urgence, de coup dur, mais pas forcément sur une base régulière. Je me demandais si ça posait problème d’un point de vue légal et je ne parviens pas à trouver ces informations sur les sites officiels (je ne dois pas être très douée…).
    Je précise que j’ai déjà vécu au Japon sept mois (en 2010-2011), que je compte faire une demande de bourse une fois sur place et que travailler à côté ne me fait pas peur. Ce qui me fait peur, c’est de ne pas trouver d’employeur, par contre. :/ Ou bien de fac qui combine les critères : en moins de 4 ans+permission d’exercer un baito. J’aurais l’air con si ma demande de bourse est refusée et que je n’ai pas le droit de travailler même avec une permission du bureau de l’immigration.

    • nemuyoake

      Merci pour ton massage ! ^^

      Sur 3 ans d’études (et il faut pouvoir trouver une fac qui les propose, passer les exams etc etc. donc c’est une hypothèse basse, faut 5000 euros *3 ans = 15 000 euros rien que pour les études. Et je vivais avec 1000 euros par mois. Je n’ai pas travaillé les 2 premières années, trop de boulot. La première année, mes parents me donnaient l’argent, la 2ème année, j’ai eu une bourse du Rotary (1100 euros par mois à ne pas rembourser). La 3ème année je n’avais que mon mémoire à rendre donc j’ai travaillé comme ALT. Mais question argent, je vivais dans une de pref rurale. Tu vises quelle ville ?

      Les bourses, si t’en as une c’est bien, mais rien n’est sûr. Pour l’immigration, il faut avoir un an de ressources sur le compte normalement, mais là encore ça dépend des immigrations. La fac ne t’empechera pas de bosser je pense, c’est juste que faire les 6 ans en 3 ans est hard donc je suis pas sûre que t’ai vraiment le temps. Sauf si tu peux cravacher (pas de maladie qui t’epuise ou autre). Mais si tu fais en 3 ans + travail le soir et WE, là va falloir serrer les dents pendant 3 ans.

  • Orube

    Merci beaucoup pour ta réponse *^^*
    En fait je vise de base une préfecture rurale parce que ça correspond mieux à ma façon de vivre. J’ai quelques attaches à Gifu-shi parce que c’est là-bas que je suis allée au lycée pendant les quelques mois où j’étais au Japon, après c’est loin d’être le seul coin de campagne qui m’attire au Japon. De plus, j’envisage de plus en plus d’aller ailleurs justement parce que l’université n’est pas très claire sur la possibilité ou non de travailler en tant qu’étudiante internationale… En gros, ils te donnent l’info en anglais et en japonais: l’anglais dit “étudiant international = pas de travail” et le japonais dit “étudiant échange = pas de travail”. Dans ma tête ce n’est pas exactement la même chose vu que le statut étudiant étranger autofinancé existe mais peut-être que pour eux ça l’est…
    J’en suis encore au stade où je brasse toutes les possibilités qui s’offrent à moi. En plus, on va dire que je fais le truc en mode difficile vu que je vis en couple et qu’on voudrait s’installer au Japon ensemble. Après, ça complique les choses mais ça peut avoir ses avantages si on fait certains sacrifices, par exemple on n’est pas obligés de partir en même temps, histoire d’avoir une sécurité si ça se passe mal pour le premier qui part. Après même si on est tous les deux profs d’anglais aujourd’hui, on envisage évidemment de ne pas faire tous les deux profs au Japon, mais encore faut-il arriver à se vendre dans une entreprise avec nos diplômes français en LLCE et MEEF… Difficile.
    Je fais beaucoup de recherches en ce moment mais j’ai l’impression qu’au lieu de trouver des solutions potentielles j’exhume toujours plus de problèmes à résoudre. Bon, après je le savais avant de commencer. xD J’essaie de rester réaliste, je sais qu’on pourrait trouver que je suis malade à vouloir plaquer un poste de fonctionnaire sur cet espèce de coup de poker. Mais même si je n’ai pas envie de me tirer une balle dès le départ, j’ai l’impression que si je n’essaie pas je le regretterai toute ma vie et ça je ne peux pas. -_-
    Je vais poursuivre mes recherches. De toute façon impossible de partir avant d’avoir assuré un revenu stable, même minime, une fois sur place. Peut-être que ce cas de figure n’est pas compatible avec le cursus accéléré. Mais en même temps, faire des années en plus ne m’inquiétait qu’au niveau financier. Les deux solutions ont leurs avantages et leurs inconvénients.
    En tout cas merci encore pour ta réponse !

    • nemuyoake

      Désolée pour le temps de réponse, j’ai été occupée.

      Oui, il vaut mieux aller dans une univ qui t’autorise à travailler, sinon ça va être difficile financièrement (sauf si tu peux demander de l’argent à ta famille). Il faut comprendre qu’ils font ça car des étudiants (surtout chinois) s’inscrivent et font le minimum syndical pr obtenir leurs examens car leur but est de bosser (et ils font souvent plus que les heures autorisées et en plus dans des endroits de la nuit interdits donc ça fait une mauvaise réput à l’univ).

      De toute façon, la vie est une prise de risque. Faut “juste” savoir si on est prêt à tout perdre… =_=

  • Sanzo

    Bonjour à tous !
    Quelles échanges passionnants ! Ce site est toujours impressionnant car les échanges sont si riches car posent des questions existencielles.
    L’expérience de Nemuyoake est unique car elle donne au mot rêve une compatibilité avec le mot projet.
    Vivre sa passion Japon, on peut le faire de plusieurs façons il suffit simplement de ne surtout pas croire que partir y vivre est la seule voire la meilleure.
    Le pire serait aussi de croire que cela peut être un échappatoire à un quotidien dans le pays d’origine disons insuffisamment satisfaisant.
    D’après l’expérience de Nemuyoake, c’est possible de partir s’installer mais cela demande beaucoup de prises de risque et d’un point de vue financier, cela reste un effort démesuré car la part d’adaptation est totalement sur les épaules de l’expatrié. Il va donc falloir accepter de vivre comme un citoyen de seconde zone pendant un certain temps. Pour simplifier, le Japon nous invite à le visiter, à y séjourner mais certainement pas à y vivre. Non pas par une discrimination particulière mais c’est juste pas comme au Canada ou aux USA ou la politiqiue migratoire permet facilement de s’y implanter.

    Peu importe la manière de rationaliser les choses, partir pour s’installer n’est pas unesorte d’ aventure de dépassement de soi car le risque souvent sous-estimé avec un exemple réussi, c’est pas juste l’échec de l’intégration c’est aussi le contrecoup d’un rêve brisé à cause d’efforts disproportionnés. Parler du risque c’est se frotter à la réalité de la qualité de son rêve.
    Pour simplifier une fois encore, si tu peux partir et vivre au Japon en mode j’essaye et si cela ne marche pas je n’en fais pas un drame, alors tout est possible car porte de sortie c’est que la passion Japon peut se vivre de bien des façons.
    Par contre si partir c’est forcer les choses tant au niveau financier, que physiologique (santé etc), psychologique (partir pour une mauvaise raison comme juste remplacer un quotidien insatisfaisant), et ce sans tenir compte des différentes façons de vivre sa passion Japon, c’est même en cas de réussite dans l’implantation ignorer qu’à tout instant tout peut sécrouler car s’habituer à absorber un niveau de charge de travail supplémentaire pour juste vivre un autre ordinaire du quotidien, c’est la recette assurée pour un big nervous breakdown à venir.
    Le cas de Nemuyoake est exceptionnelle car en fait c’est pas juste le fait de s’installer et de réussir dans son initiative qui interpelle, c’est en fait une telle inclinaison pour la culture japonaise qu’elle ne se pose pas vraiment la question du quand ou comment car elle s’est lancée sans avoir de véritable modèle au préalable.
    Le propos de ce message c’est de dire ici qu’en fait ne chercher surtout pas à imiter car pour partir il faut non pas juste de l’argent ou une situation sur place ou encore je ne sais quelle stabilisation sur place. Imaginez vous êtes un ou une millionnaire, pourquoi iriez vous vivre au Japon ? Si c’est juste pour vivre dans les grandes villes et consommer, c’est juste une façon de varier le quotidien. S’il y a une raison qui vient du coeur, le fait d’être milliuonaire ne jouera pas et vous vivrez au Japon d’une manière ou d’une autre.
    J’ai lu pas mal d’autres blogs par exemple d’expatriés (français, américains, allemands) et l’ingrédient de la réussite n’a pas été véritabelement les efforts consentis mais une forme de simplicité dans la manière d’apprécier de différentes façons la culture japonaise.
    En tant qu’enseignant en anglais, la manière dont les élèves ou encore des adultes expriment leur passion pour le Japon est si riche car si particulière (et non les mangas ne sont pas la seule origine, pour certains c’est la robotique par exemple pour d’autre c’est la richesse historique pour ne citer que ces exemples) que c’est déjà une expérience d’une rare intensité, comparable même à celle de vivre au Japon. Et je ne diminue aucunement l’attrait d’y vivre pour avoir moi-même vécu très longtemps dans d’autres pays et apprécié la chose.
    Ce que je dis donc : trop forcer pour séjourner ou y vivre révèle dans la manière d’apprécier le Japon quelquechose d’indéfini qui peut tôt ou tard mettre en péril l’inclinaison même pour la culture japonaise.La passion c’est bien mais pas inconditionnelle et le critère principal n’est pas la disposition financière mais celle de l’esprit : être prêt ou non à accepter la différence dans son intégralité sans s’identifier ou y perdre sa personnalité. Donc le verbe n’est pas partir mais bien commencer une nouvelle vie comme si vous alliez vous marier et donc évitez les mariages de raison car seule celui du coeur s’épanouira.
    Quelles sont les autres façons de vivre sa passion Japon hormis celle d’y vivre ? Réponse simple et puissante : ce blog. Rien qu’en lisant les différents articles et les différentes contributions et les témoignages partagées, j’imagine très bien voire je vis plus intensément le rapport que j’ai avec la culture japonaise.
    Merci de m’avoir lu et merci pour ces échanges une fois de plus ce blog est merveilleux !

    • nemuyoake

      Oui, il faut prendre bcp de risques et etre prêt à tout perdre. C’est effectivement difficile de travailler au Japon car il y a bcp de conditions et en plus ce n’est pas un endroit sympa pour les travailleurs.

      Je ne pensais pas que mon blog était si profond lol. J’essaie juste d’écrire ce que je vis et ce que je pense. Je n’ai pas un amour fou pour tout ce qui est japonais (art, kimono etc) mais la façon de penser des Japonais est intéressante pour moi. Ils sont plus subtils qu’à première vue et bcp plus bourrés de tares que leur image lisse. J’aime ça.

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